Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a déclaré samedi que ses données personnelles avaient été publiées sur le dark web par ce qu'il a présenté comme des hackers prorusses, ajoutant que cette initiative était liée au soutien apporté par le gouvernement italien à l'Ukraine.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, qui compte parmi les dirigeants occidentaux les plus fermes dans leur soutien à l'Ukraine, a apporté son soutien à Antonio Tajani et estimé que la vente d'informations confidentielles concernant des responsables publics constituait "une question extrêmement préoccupante".
Moscou n'a pas commenté l'incident. La Russie a toujours nié toute implication dans des cyberattaques ou opérations de piratage à l'étranger.
Antonio Tajani, qui est également vice-président du Conseil italien, a écrit sur X que le fait de "soutenir de manière transparente la liberté et l'indépendance d'un État souverain" avait fait de lui une cible, ajoutant que les hackers cherchaient à obtenir davantage d'informations sur lui et sa famille et étaient prêts à payer pour cela.
Ces attaques constituent également une réaction aux efforts du ministère des Affaires étrangères visant à renforcer la cybersécurité, a ajouté Antonio Tajani.
Des captures d'écran consultées par Reuters montrent la photo d'Antonio Tajani dans une liste de 18 "citoyens hostiles à la Fédération de Russie", qui comprend également des experts en cybersécurité.
Ces éléments ont été découverts dans une section du dark web accessible via le réseau Tor dans le cadre d'activités de surveillance menées par les autorités chargées de la cybersécurité, a déclaré à Reuters une personne proche du ministre sous le sceau de l'anonymat.
Des investigations complémentaires sont en cours, a-t-elle ajouté.
Dans une lettre adressée au ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, Antonio Tajani a exhorté les pays du G7 à inscrire à l'ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères prévue la semaine prochaine la guerre hybride et les récentes cyberattaques visant les infrastructures critiques en Europe, et à rechercher une réponse coordonnée.
(Giulia Segreti; version française Nicolas Delame)

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